Interview de Boris Doval, Responsable UPMC du cursus

Bonjour monsieur Doval, pour commencer nous voudrions savoir quelle est votre formation scientifique ?

J’ai reçu une formation d’ingénieur à l’école Centrale des Arts et Manufactures de Paris. À la fin de mon école d’ingénieur, j’ai bifurqué vers la recherche, m’étant rendu compte que le métier d’ingénieur ne correspondait pas à mes attentes. J’ai donc fait un DEA, le DEA IARFAG (Intelligence Artificielle, Reconnaissance des Formes, Algorithmique et Graphique) à Paris 6. En fait, j’avais contacté l’IRCAM sur le projet de « MIDIfication » de la flûte, c’était Lawrence Beauregard qui était à l’origine de ce projet et l’idée était de transposer les travaux sur la clarinette. Mais le problème c’est que autant sur la flûte, les capteurs sont situés sur les clés, autant il y a des trous sans clef sur la clarinette. Du coup il a fallu envisager un système de suivi de la fréquence fondamentale en temps réel à partir du signal enregistré. Le sujet de ma thèse a donc été l’estimation de la fréquence fondamentale pour les signaux musicaux mais aussi pour la parole car je l’ai effectuée au sein du LAFORIA à l’UPMC dans un groupe traitant de la parole sous la direction de Xavier Rodet. Concrètement, ma thèse consistait à développer un algorithme pouvant fonctionner sur de très larges tessitures, de la contrebasse à la flute piccolo. Après ma thèse, j’ai été nommé Maître de Conférences et j’ai intégré le LIMSI (Laboratoire d’Informatique pour la Mécanique et les Sciences de l’Ingénieur) dans un groupe qui s’occupait de synthèse et d’analyse de la parole.

Mais pourquoi la voix chantée ?

Cela est venu progressivement, à force d’être en contact avec ce matériau sonore passionnant et très varié. Dès l’époque de ma thèse puis au LIMSI, et maintenant au LAM, je me suis intéressé à la qualité vocale. Cela m’a conduit naturellement de 1′ étude de la voix parlée à la voix chantée.

Traitez-vous encore la voix parlée?

Oui, d’un point de vue pédagogique, mais aussi dans le texte porté par la voix chantée. C’est d’ailleurs ce qui différencie la voix de tous les autres instruments : c’est la combinaison de la musique et du langage. De toutes façons, les techniques pour étudier la voix parlée et la voix chantée sont à peu près les mêmes. Et je voudrais citer un projet que nous avons actuellement avec des ethnomusicologues pour étudier des productions vocales comportant des parties psalmodiées, déclamées ou scandées et là, la distinction entre voix parlée et voix chantée n’est plus aussi pertinente: et mérite d’être affinée !

Quelle était la place de la musique dans vos études ?

J’ai étudié au conservatoire dès mon très jeune âge en classe de piano, puis j’ai emménagé aux Antilles où il n’y avait pas de conservatoire. J’ai alors pris des cours de piano avec un professeur particulier et des cours d’écriture en parallèle. Je suis ensuite revenu à Paris pour mes études supérieures : je me suis d’abord inscrit en classe d’écriture au conservatoire du Centre pour intégrer le CNSM en écriture en cycle court puis en. cycle long où je n’ai eu le temps de suivre que le cours de fugue. En effet, c’était pendant mes années de thèse et la quantité de travail était devenue trop importante. Pour le piano je n’ai pas mené ma formation très loin en conservatoire mais aux Antilles, au contact de jazzmen, j’ai été initié à cette musique. En rentrant sur Paris, j’ai intégré un quintette de jazz. Plus tard, j’ai joué au festival off de Souillac en Jazz avec des amis dans un groupe qui s’appelait le Little Big Bang. On a participé à ce festival pendant 7 ou 8 ans.

Et actuellement quelle est votre pratique de la musique ?

Je suis ténor à l’Ensemble Vocal Intermezzo, un choeur amateur dirigé par Claire Marchand où on fait des programmes extrêmement variés, qui peuvent aller de la musique renaissance et baroque à la musique française ou espagnole du XXe siècle. Ça me permet d’expérimenter sur ma propre voix, des choses que parallèlement j’observe dans mes recherches. Je participe aussi au Chorus Digitalis ; c’est un choeur virtuel constitué de sept instrumentistes qui pilotent une voix de synthèse à l’aide d’une tablette graphique. Schématiquement on peut contrôler la fréquence fondamentale dans un sens et la force de voix dans un autre sens. On s’aide d’un calque qui représente les touches d’un piano pour pouvoir se guider et pouvoir jouer juste. Ainsi cela permet de faire toute sorte d’ornements, du vibrato. Ce qui est intéressant avec la tablette c’est que l’on s’aperçoit que le geste manuel est très expressif ! On fait des tas de choses très différentes, ça va de chants de la Renaissance à Philippe Glass en passant par la musique indienne ou une reprise des« Grandes gueules».

Et on s’amuse bien !


Deuxième partie

 

En quoi consiste activité au LAM ?

Essentiellement à essayer de comprendre ce qu’est la voix chantée et commet elle fonctionne. La philosophie de recherche du LAM est de partir des questionnements qui sont ceux des musiciens eux-mêmes et des facteurs d’instruments. Les chanteurs et les professeurs de chants se posent donc des questions auxquelles nous essayons d’apporter des éléments de réponse scientifique. Plus précisément les thèmes des recherches que je mène au LAM s’inscrivent dans une longue tradition de recherche sur la voix chantée.

Ça commence dès l’origine du LAM dans les années 60-70 avec le développement de l’icophone qui est un appareil permettant de reproduire les sons de la parole à partir du dessin de leur contenu spectro-temporel. L’idée c’est de se dire que si on est capable de synthétiser des sons de parole à partir de dessins effectués à la main, c’est qu’on a compris des choses sur la structure du signal vocal. Ensuite, les travaux de Michèle Castellengo en collaboration avec Bernard Roubeau ont été déterminants en ce qui concerne l’étude des mécanismes laryngés. Cela a donné suite à tout une série de travaux, notamment ceux de Nathalie Henrich sur la modélisation, la mesure et la caractérisation des productions chantées dans les différents mécanismes laryngés. C’est dans cette ligne que j’ai commencé mes travaux au LAM, d’abord une participation à la Thèse de Nathalie Henrich et surtout par la codirection de la thèse de Sylvain Lamesh, qui portait sur l’étude des phonétogrammes des chanteurs dans chacun des mécanismes laryngés et selon la voyelle.

Plus récemment, je co-encadre la thèse de Cédrik Erbsen en collaboration avec le GIPSA-Lab de Grenoble. Cédrik travaille sur le projet de voix de substitution/voix augmentée. Il s’agit d’injecter une source de débit glottique dans une bouche, qui va remplacer en quelque sorte le son qui sort des plis vocaux. Parmi les applications directes, on vise la mesure de l’impédance du conduit vocal, et l’étude des interactions entre la source et le conduit vocal.

A plus long terme, il y a des applications dans le milieu médical, pour les personnes qui sont en déficience vocale, et des applications musicales.

 

Quel est le regard des chanteurs effectuant les expériences au LAM et notamment l’analyse de leurs phonétogrammes ?

Les chanteurs sont extrêmement curieux vis-à-vis de nos résultats de recherche. Bon, quand ils viennent au LAM, la plupart savent déjà ce que sont les mécanismes laryngés et les phonétogrammes car il y a une assez grande diffusion des travaux du LAM dans le milieu de l’enseignement du chant et aussi chez les orthophonistes, justement par les collaborations que nous avons avec ces milieux. Mais certains chanteurs découvrent l’étendue de leur propre voix et s’étonnent du fait qu’ils peuvent produire des sons dans 1 ‘un ou 1′ autre des 2 principaux mécanismes laryngés (en gros en voix de poitrine ou en voix de tête) sur une large tessiture et une grande dynamique.Cette prise de conscience des mécanismes laryngés est d’ailleurs quelque chose de très important en pédagogie.

Par exemple Robert Expert, qui est contre-ténor et enseignant à Bobigny, et qui est un habitué du LAM, mène une réflexion pour savoir à quel moment il faut aborder les mécanismes laryngés dans 1’ apprentissage du chant. Je voudrais faire une remarque cependant, c’est qu’il ne faut pas surestimer les résultats scientifiques par rapport au travail du chanteur. La finesse de production et de perception autour de la voix dépasse largement ce que l’on peut mesurer. En clair, les chanteurs ont beaucoup à nous apprendre.

 

Ci-contre : Phonétogramme de Robert Expert, contre-ténor. Le phonétogramme repréésente l’espace des possibilités de la voix en terme de tessiture (les notes sont en abscisse) et de dynamique (les niveaux sonores sont en ordonnées). Les courbes notées »M1″, pour mécanisme 1, et « M2 »: pour le mécanisme 2, correspondent aux phonétogrammes émis respectivement en voix de poitrine et en voix de tête. Thèse de Sylvain Lamesh, 2010.

 

Je crois que vous avez aussi des collaborations dans le cadre du LAM avec l’entreprise Puce Muse, vous pouvez nous en parler un petit peu ?

 

Oui c’est exact, le LAM et Puce Muse ont des collaborations depuis plusieurs années maintenant, au travers de projets de recherche mais aussi de productions musicales. Ces collaborations se sont développées en particulier à l’occassion de la résidence de Puce-Muse pendant trois ans à Jussieu (avant celle de aussi Michel Risse). Puce-Muse est une entreprise qui développe des instruments de synthèse sonore et visuelle, qui tournent sur la plateforme logicielle appelée « méta-malette » et qui sont pilotés par une interface de contrôle gestuel comme un joystick ou comme le méta-instrument (qui est une espèce d’exosquelette qui permet de manipuler 54 variables simultanément et indépendamment les unes des autres). L’idée est de pouvoir jouer à plusieurs comme dans l’orchestre de Joystick (ORJO) qui donne plusieurs concerts par an et dans lequel les membres du LAM sont impliqués.

 

Quelle est la part de l’enseignement dans votre travail ?

Etant rattaché à l’école Polytech’Paris-UPMC, j’enseigne dans les filières électronique-informatique et robotique, par exemple le traitement du signal. Mais ce qui est intéressant, c’est de pouvoir transmettre le point de vue qu’on peut avoir sur un domaine de recherche à des étudiants. C’est ce que je fais pour les cours de traitement de la parole dans le master deuxième année, dans les TD d’acoustique aux étudiants d’orthophonie mais aussi dans le double cursus sur les quelques heures qui sont consacrées à la voix.

 

le Cantor Digitalis

Ci-dessus: Le Cantor Digitalis, développé au LIMSI-CNRS, est un instrument de synthèse vocale contrôlé par le geste de la main. Ici, l’une des tablettes sert à contrôler la hauteur de la note et la force de la voix, l’autre à contrôler l’articulation des voyelles. Journée Science et Musique, Rennes, Octobre 2012 (Photo de B. Arnaldi)


Troisième partie

 

Pourquoi avez-vous eu envie de devenir responsable du double cursus côté sciences ?

Je ne sais pas si je dois vous dire cela, mais au début, je n’étais pas convaincu par le principe du double cursus. C’est à dire que quand on m’a parlé de cette formation et qu’on m’a demandé ce que j’en pensais, j’ai répondu : mais pourquoi faire des sciences qui n’ont rien avoir avec la musique et à côté de la musicologie ? Je ne trouvais pas cela logique. Mais en y réfléchissant un peu, c’est clair qu’il est plus intéressant d’avoir un socle de connaissances scientifiques générales pour se garder une ouverture à toutes sortes de formation au niveau master. En clair, le double cursus n’est pas un cursus professionnalisant. Pour répondre à votre question, lorsque trois ans après Laurent Daudet (le coordinateur d’alors) m’a proposé de reprendre le double cursus, il n’a pas mis longtemps à me convaincre …

 

Dans quelles circonstances avez-vous pris les commandes côté sciences de la double licence?

C’est vrai qu’il y avait en fait deux personnes qui s’occupaient de la double licence côté sciences, ce qui

était nécessaire pour la mise en place de la formation. J’ai donc d’abord repris la fonction de coordination du double cursus au départ de Laurent Daudet de l’UPMC et il se trouve que même pas un an après, Valérie Cabuil qui était la responsable de la formation à l’époque a aussi pris d’autres fonctions (la direction de l’École Nationale Supérieure de Chimie de Paris) je me suis donc trouvé seul à reprendre le double cursus côté sciences.

Je suis arrivé exactement au moment de la sortie de la première promotion et mon premier contact avec les doubles cursus a été les rencontres Sciences et Musicologie.

 

Mais reprendre le double cursus, cela vous fait du boulot en plus et pas forcément le plus passionnant comme l’administratif?

Je trouve que la formation mérite que l’on s’en occupe, je trouve que c’est un beau projet. Si cette formation avait existé je pense que j’aurais plutôt préféré la suivre plutôt que des classes prépas. En effet, j’aurais tout de suite doubles compétences que je mets ensemble actuellement, cela aurait changé pas mal de choses.

Je pense que vous, étudiants en double cursus, quand vous sortez de cette formation, vous êtes nombreux à vouloir continuer avec ces doubles compétences et de faire jouer les deux ensembles.

 

Je crois qu’il est temps maintenant que l’on parle de l’information choc que vous avec promis à nos lecteurs ?

 

Oui ! L’ensemble de la licence L1 change en profondeur pour l’année qui vient. Puis en 2014 ce sera la L2 et la L3. Et du coup, la maquette du double cursus change aussi.

 

Comment allez-vous choisir la nouvelle maquette ?

Ce qui se passe c’est un peu comme lors de la création du double cursus, on discute entre nous pour essayer de choisir au mieux la nouvelle maquette. Je discute avec les gens du LAM qui sont impliqués dans le double cursus, mais aussi avec les responsables des cursus classiques de licence. En effet l’idée de ce double cursus c’est de combiner sciences et musicologie mais dans les sciences, d’associer une formation qui permette ensuite de développer des connaissances en acoustique. Ça veut dire que le double cursus est appuyé sur la licence d’ingénierie mécanique. C’était le choix initial que je conserve sans problème et que je vais même renforcer, même si en troisième année les étudiants ont toujours la possibilité d’une certaine ouverture.

 

Il faut donc veiller à ce que la nouvelle maquette réponde toujours aussi bien aux différentes attentes des étudiants ?

Le double cursus a été pensé pour déboucher soit sur un master de musicologie, soit sur un master d’acoustique, soit sur les métiers du son. Dans les faits il y a à peu près autant de diplômés qui vont dans chacune de ces filières et de ce point de vue là c’est une réussite. Dans la maquette du double cursus on sait très bien qu’on ne peut pas faire les deux licences complètes donc les étudiants sont obligés de compléter des lacunes par eux-mêmes. L’organisation de la licence est ensée ainsi : en L1 onpasse progressivement de la terminale à du post-bac, d’ailleurs on appelle ça « le cycle d’intégration. Cette année permet d’avoir des bases scientifiques larges et ce n’est qu’en L2 qu’on peut réfléchir sur la suite de la double licence et notamment sur l’idée de préparer les concours pour ceux qui le souhaitent.

 

Ainsi pour vous, la double licence ne doit pas être une préparation totale aux écoles menant aux métiers du son ?

Non, ce n’est pas l’objectif et je ne suis pas pour. En même temps, vous êtes largement capables de combler les quelques lacunes qui vous empêcheraient de concourir à ces écoles, et ceux qui préparent les concours le font. Et il y en a plein qui y arrivent (entre deux et quatre par an). On s’est dit qu’on pouvait quand même apporter notre soutien dans cette direction et c’est pour ça que le cours d’écoute critique a été rajouté. Il permet de préparer à une épreuve spécifique à laquelle il est difficile de se former seul.

Mais je crois que la double licence apporte une polyvalence qui est importante pour les métiers du son. En effet, ces métiers sont en train de changer dans une direction d’intégration de tous les métiers en une seule personne ; c’est-à-dire qu’avant, là où il y avait un preneur de son, un monteur et un directeur artistique, c’est maintenant la même personne fait l’ensemble de ces métiers. Il y a vraiment, de ce point de vue là, un intérêt à avoir cette double casquette.

 

Quelle est donc la grande tendance que va prendre la double licence ?

Ce que je peux dire c’est que les universités qui composent le PRES Sorbonne Universités (Pôles de Recherche et Enseignement Supérieur) c’est à dire Paris-Sorbonne, l’UPMC et Panthéon-Assas ont pour projet de continuer à développer ce genre de double formation et à les intégrer. Ça veut dire que peut être un jour, il y aura au sein de ce PRES une bi-licence Sciences et Musicologie comme il existe déjà à l’UPMC des bi-licences maths-info ou maths-physique.

 

Parlons maintenant un peu de l’entrée au double cursus. Y a-t-il toujours plus de demandes chaque année ? La sélection est-elle plus rude?

Non, ça varie et on ne sait pas très bien pourquoi. Ce qui est certain c’est qu’il n’y a pas une progression du nombre de dossiers. D’ailleurs ce qui pourrait être changé dans les années futures c’est la publicité que l’on pourrait faire autour du double cursus. En effet, on a souvent des demandes très tardives de gens qui se rendent compte trop tard que le délai est passé. L’idée serait simplement de faire en sorte que les gens qui sont susceptibles d’être intéressés soient informés.

Pour votre deuxième question, je dirai Le niveau d’entrée aux douves le cursus se reste stable par contre les exigences pour obtenir le bac notamment cette année de façon spectaculaire) Donc nous n’avions plus en plus deux candidats qui est une mention très bien. En tout cas ceux qui en clair sait que les candidats au double cursus de sciences et musicologie sont très motivés, ça, c’est très général. Ils viennent de toutes les régions de France y compris d’outre mer et cela ne change pas non plus.

 

Quelques mots sur I’AASM?

Ce qui est génial c’est que la première promotion des sciences et musicos a immédiatement créé l’association des anciens qui est très active, notamment au travers du SpondéAASM. Ce que je trouve très bien avec ce joumal. c’est que par rapport à d’autres jourmux d’écoles qui sont plutôt des feuilles de choux et où il n’y a que des blagues un peu potaches, le Spondé a quelque chose de plus intéressant avec des interviews, de l’information, des réflexions…

Ce que je peux dire aussi sur l’association c’est qu’il y a un tournant : les premiers anciens commencent à être suffisamment anciens pour avoir perdu de vue un petit peu de la formation. Bon, en même temps ils commencent à avoir du recil et cela permet de mener une réflexion sur le périmètre de cette association et sur le rôle qu’elle a à jouer en terme de réseaux notamment. C’est l’un des développements possibles de l’association : on voit bien qu’il y a d’un côté les métiers du son, d’un autre les acousticiens et d’un autre encore les musicologues : il peut donc y avoir un réseau très large qui se créé avec des passerelles.

Interview réalisée par Louis Moreau-Gaudry et Timothée Langlois

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