Les dons du son avec la compagnie « Décor Sonore »

Vous connaissez sans doute le don du sang, mais connaissez-vous le don du son ?

 

Il s’agit d’une campagne menée par l’équipe de Michel Risse (compagnie Décor Sonore) afin de récolter des sons, les répertorier, et constituer une banque sonore. Chacun peut donner un son, en livrant un objet sonore ainsi que son histoire, des souvenirs et anecdotes qui y sont attachés. Le premier don est référencé A1001, il s’agit d’un trousseau de clefs, ayant appartenu à un anonyme. Mais tout cela est à prendre avec un sérieux de pataphysicien : « Donner son son n’est pas douloureux, mais c’est un acte personnel, volontaire, à la fois symbolique et concret, qui r

elie tous les donateurs entre eux. ».

Outre l’accumulation de données sonores, la campagne prend une dimension écolo-anthropologique autour de questions essentielles telles que : « Comment maintenir une biodiversité sonore ? » « Qu’entendaient nos parents, nos grand-mères ? » « Quel univers sonore laisserons-nous à nos enfants ? ». Le but étant de sensibiliser un large public à l’univers sonore qui nous entoure, en réveillant la dimension poétique et la beauté des sons. C’est l’objet des visites guidées de la collection, à laquelle une équipe d’envoyés spéciaux a assisté pour le spondéAASM, suivie d’une interview exclusive de l’orchestrateur du projet Michel Risse.

 

17 janvier 2012 :

L’équipe du don du son a installé son laboratoire nomade dans le hall Esclangon (campus Jussieu) et ses membres ont revêtu leurs blouses vertes protocolaires. Une partie représentative de la banque sonore a été transférée sur les lieux.

Après de chaleureuses salutations et une brève présentation du projet, M. Risse invite les personnes présentes à se couvrir d’un « casque de chantier-casque d’écoute » pour s’approcher de l’imposante « table d’opération-table de mixage ». Ce plan de travail est très pratique pour examiner toutes espèces de sons, et une couveuse permet de réanimer d’éventuels sons dégradés. Une fois le casque placé sur la tête, chaque personne est prête pour un voyage médico-féérique au pays des sons : la visite de la collection peut commencer!

Le premier type de son que nous présentent M. Risse et son assistant est en voie de disparition, c’est celui des phonogrammes analogiques (que nous n’avons effectivement pas entendu depuis un certain temps). Le son du boîtier en plastique de nos bonnes vieilles K7 et le son unique du vinyle que frappe notre guide à l’aide d’une baguette caoutchoutée réveillent instantanément en nous une pointe de nostalgie. Mais c’est lorsque nous passons à l’écoute de jouets d’enfants confiés par quelques généreux donateurs que nos cœurs chavirent. Les deux laborantins créent subtilement une ambiance à l’aide des sons de toupies, figurines, gadgets qui s’entremêlent avant d’arriver à nos oreilles.

Petit à petit, à travers des histoires contées par M. Risse, nous découvrons la variété de la collection sonore. Chaque objet portant la trace de son propriétaire qui, en faisant don d’une partie de lui-même, a permis la mise en place de ce fabuleux spectacle. On peut citer l’émouvante histoire de Mme Müller et de son mari, celle de Ouaf le labrador, ou encore la boîte « deux-tons » donnée par un cuisinier du CROUS qui se révèle être une fameuse percussion.

Les sons qui nous entourent sont tous capables de nous émouvoir, chacun à sa manière, telle est la philosophie de maître Risse. Il conseille à tous d’être attentifs au charme de certains sons : avant d’acheter un article, écoutez-le ! Ne passez pas à la caisse sans avoir écouté la boîte de petits pois, le paquet de céréales, l’aspirateur, la machine à laver, ou la voiture que vous désirez tant. L’expérience vaut le détour et vous évitera certainement de mauvaises surprises.

Lien vers le site de la compagnie : http://www.decorsonore.org/

 

Noé Faure

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